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La polémique sur le climat
Écrit par Yoan OGGERO   

 

Depuis près d'un an, les sciences du climat sont au centre d'une énorme attention médiatique et d'une considérable confusion, qui voit une partie de l'opinion confondre la science avec sa récupération à des fins militantes. En effet, de nombreux événement se sont produits  comme le sommet de Copenhague, les scandales lié au GIEC et les attaques des climato-sceptiques. Sur le dossier climatique, la clarté est donc plus que jamais en ce moment nécessaire.

Après l'offensive créationniste - qui nie la théorie de l'évolution -, peut-on parler de l’existence d’une  guerre du climat ? Quels sont les causes, les enjeux et les conséquences de cette controverse climatique ? Quelle position peut-on dès lors aborder face au problème du réchauffement planétaire ?

 

La Base

J’aimerai revenir sur plusieurs notions avant de commencer cette analyse.

Le réchauffement climatique, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans et de l'atmosphère, à l'échelle mondiale sur plusieurs années. Ce terme est donc appliqué à une tendance au réchauffement global observé depuis les dernières décennies du XXe siècle.

 

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec, élabore un consensus scientifique sur cette question.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec, en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) est un organe intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l'ONUqui a pour mission d’évaluer, sans parti-pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue ». C’est donc une organisation qui s‘appuie sur des travaux scientifiques.

Son dernier et quatrième rapport, auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays[1], affirme que le réchauffement climatique depuis 1950 est très probablement[c 1] d'origine humaine. Ces conclusions ont été approuvées par plus de 40 sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés[2] Et que la température de surface du globe est susceptible d'augmenter de 1,1 à 6,4 °C supplémentaires au cours du XXIe siècle.

Scandale du GIEC

Seulement Le GIEC a été très attaqué durant cette dernière année. Plusieurs critiques ont été faite à son encontre. Tout a commencé, dans le résumé technique de son rapport de 2007 où Il avait estimé que les glaciers de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers du monde et « pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant». Absent des travaux de synthèse du Giec et initialement peu repris dans les médias [21] , ce chiffre sera mis en avant de façon alarmiste à la fin de l'année 2009, avec la perspective de la Conférence de Copenhague sur le climat et la médiatisation du thème du réchauffement climatique. C’est à partir de ce chiffre qu’est donc parti un flot incessant d’attaques CAR Dès lors, plusieurs enquêtes journalistiques] vont montrer que cette projection est erronée. Et finalement, le 20 janvier 2010 le Giec publie un communiqué de presse qui reconnait une erreur concernant ce point précis mais qui maintient l'intégralité des conclusions présentées par ailleurs dans les rapports de synthèse (notamment sur la fonte des glaciers). Pour être plus précis, cette estimation s’inspirait d'un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), lui-même s'inspirant d'un article publié en 1999 dans l'hebdomadaire grand public New Scientist. L'article en question s'inspirait d'un entretien avec un glaciologue indien et, d'un rapport commandé en 1996 par l'Unesco, dans lequel un glaciologue russe Vladimir Kotlyakov estimait la quasi-disparition des glaciers himalayens pour... 2350 et non 2035.

Du coup, d’autres critiques ont ainsi été formulées.

D’abord, Les sources du GIEC sont-elles fiables ? Le GIEC ne mène pas de travaux de recherche : il synthétise les connaissances existantes pour en tirer une somme, qu'il veut la plus objective possible. Mais des fois, il est obligés d'avoir recours à la «littérature grise» comme des rapports d'ONG, simplement parce qu'il n'existe pas de travaux scientifiques dûment publiés sur les effets très locaux du réchauffement. L'utilisation de cette « littérature grise » est au centre des critiques formulées ces dernières semaines.

Ensuite, La synthèse opérée par le GIEC est-elle suspecte d'alarmisme ? La majorité des critiques formulées depuis la fin de la conférence de Copenhague, le 19 décembre, accusent le GIEC de faire preuve de trop de pessimisme.

D’autres événements sont venus se greffés à cette rafale de critiques. Début 2010, Le GIEC  a vu son président, l'Indien Rajendra Pachauri, mis en cause pour des conflits d'intérêts présumés entre son poste à la tête du panel d'experts et ses fonctions de directeur d'un centre de recherche.

N’oublions pas non plus que les critiques qui ont plus arrivaient dans le sillage du Climategate - cette affaire de piratage et de divulgation des courriels privés de climatologues, intervenue en novembre 2009. Pour certains détracteurs, en effet, les courriels et fichiers du Climategate suggèreraient que les scientifiques du climat les plus influents dans le monde de la climatologie et du GIEC[8] auraient été coupables de graves dérives déontologiques[9], agissant de concert[10],[11] pour afficher un consensus de façade, manipuler les données ou leur présentation et ainsi exagérer le réchauffement climatique ou son interprétation même  au Début avril 2010, une enquête du parlement britannique a conclu que le comportement de Phil Jones était conforme aux pratiques habituelles du milieu scientifique, tout en invitant à plus de transparence à l'avenir[16]. Le 7 juillet 2010, une commission d'enquête indépendante, a conclu à un faux scandale en réfutant une à une toutes les accusations et en affirmant notamment à propos des scientifiques mis en cause que « leur rigueur et leur honnêteté ne peuvent être mises en doute »,

Le piratage et la divulgation de courriels privés échangés entre plusieurs climatologues puis la découverte d'erreurs dans le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) ont suscité une défiance considérable.

Dans le monde anglo-saxon, la réaction - en particulier des institutions scientifiques - a été immédiate. Pas moins de cinq enquêtes indépendantes ont été menées, sans concession, pour évaluer la probité, les pratiques ou les résultats de la recherche menée sur le réchauffement. Aucune de ces investigations n'a remis en cause les principales conclusions du GIEC ; aucune n'est parvenue à mettre en lumière des entorses à l'éthique ou à la rigueur scientifiques. Les climatologues ont été soumis, en toute transparence, à plusieurs examens critiques et rigoureux.

 

Allègre

C’est dans ce climat difficile pour un GIEC complètement fragilisé par l’opinion qui remet en cause non seulement ses analyses mais également son intégrité que Claude Allègre, ancien ministre de l’Education Nation va susciter une véritable controverse médiatique. Dans son livre, « l’imposture climatique » paru en février 2010, Il met en doute l'origine humaine du réchauffement climatique. Il y écrit que la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n'est pas forcément due à l'activité humaine. Il stigmatise simultanément « l’écologie de l'impuissance protestataire [qui] est devenue un business très lucratif pour quelques-uns ! »[43]. Il précise, que selon lui, au sein des changements climatiques, la hausse globale des températures n'est pas le phénomène essentiel, en comparaison avec les impacts plus graves liés à l’augmentation de la fréquence des phénomènes extrêmes[44].

 

Par ailleurs, Claude Allègre a critiqué l’inscription du principe de précaution sous sa forme actuelle dans la Constitution, car son flou est selon lui une entrave à la recherche ;, il écrit : « Le principe de précaution, c’est l’arme contre le progrès »[45].

Allègre rédige donc purement et simplement un bruloir où il. formule de graves accusations contre les climatologues, et tout particulièrement le GIEC[56]. et évoque à son sujet un « système mafieux » ayant conspiré pour faire passer aux yeux de l'ensemble du monde un « mythe » pour un fait scientifique. Pour lui la menace du changement climatique, refuse le progrès, condamne l'innovation et tourne le dos au développement. Le livre trouve un large écho dans les médias.

 

Riposte des scientifiques

De nombreux scientifique et journalistes réfutent ses thèses et accuse son livre de contenir « de nombreuses approximations et erreurs factuelles à même de tromper le public » et considère que le livre contient des « mensonges ».

Le mercredi 7 avril 2010, 600 chercheurs en sciences du climat ont publié un courrier de protestation contre l'ouvrage de Claude Allègre[59], dans lequel ils relèvent de nombreuses erreurs factuelles[60] et des dénigrements[61].

J’ai ici une petite liste non exhaustive des contre vérités de l’ancien ministre qui vaut vraiment le coup d’œil. Rapidement

Les émissions de CO2. «Tous les graphiques utilisés pour défendre cette idée se sont révélés, à l’examen, faux et truqués», écrit Allègre à propos du lien entre émissions de CO2 et climat récent. Cette accusation de malhonnêteté à l’encontre des climatologues ne s’appuie sur aucun exemple démontré. Et vient dans un livre riche en graphiques truqués, comme l’ont dénoncé les scientifiques victimes de ces manipulations.

Les projections. Allègre écrit que les projections climatiques des modèles numériques sur ordinateurs sont «calées sur la courbe de Mann», c’est-à-dire les températures des 1500 dernières années. Faux. Ces simulations sont fondées sur les équations de la physique. Elles n’ont donc rien à voir avec cette courbe paléoclimatique.

Le régionalisme. Allègre affirme qu’il n’y a pas de climat global, mais uniquement des climats régionaux. Faux. La notion de bilan radiatif (les échanges d’énergie entre la Terre et l’espace) est centrale en climatologie.

Les déserts. Allègre décrit la circulation atmosphérique de manière fantaisiste. Ainsi : «Les déserts pompent l’humidité.» Si c’était vrai, les déserts seraient… humides.

 

Les nuages (1). «Les nuages blancs d’altitude» ont tendance «à refroidir l’atmosphère en jouant le rôle de parasol», écrit Allègre. «Les nuages noirs de basse altitude» seraient des «agents de réchauffement, car ils absorbent les rayonnements infrarouges émis par le sol.» Faux. Le bilan radiatif des nuages est inverse. Ceux de haute altitude ont un plus fort effet de serre, les nuages bas sont surtout refroidissants car ils réfléchissent plus les rayons solaires.

Les nuages (2).Allègre accuse les rapports du Giec de cacher les incertitudes liées à la représentation des nuages dans les modèles numériques du climat. Or, on lit ceci dans le «Résumé pour décideurs du groupe-1» du rapport 2007 : «La principale source d’incertitudes provient de la rétroaction liée aux nuages.»

Le Soleil. Allègre affirme que Vincent Courtillot a démontré l’influence déterminante du Soleil, du géomagnétisme et des rayons cosmiques sur l’évolution récente du climat. Affirmation fondée sur un graphique reconnu comme faux… par son auteur même, en raison d’erreurs sur les courbes de température et d’éclairement utilisées.

L’océan. «L’océan absorbe les deux tiers du volume du gaz carbonique émis par l’homme», écrit Allègre reprenant un chiffre avancé dans le livre de Christian Gérondeau : CO2, un mythe planétaire. Faux. C’est environ un quart. Et curieuse référence, très éloignée des publications scientifiques.

Le faux sondage. «50% d’entre eux ne croient pas à l’influence de l’homme sur le climat.» Eux ? Des «spécialistes américains du climat». Raté. Il s’agit des présentateurs météo des multiples chaînes de télévision aux Etats-Unis.

Le refroidissement. «Depuis trois hivers on patauge dans la glace». Allègre confond son jardin et la planète. La température moyenne globale était 0,21°C au-dessus des normales 1960-1990 pour l’hiver 2007-2008, de 0,39°C pour 2008-2009 et de 0,47°C pour 2009-2010. La décennie 2000-2009 est la plus chaude depuis cent cinquante ans.

Kyoto. «Il [Al Gore] signe le Protocole de Kyoto, mais avec une condition qui l’annule ; "sous réserve que la Chine, l’Inde et la Russie le signent aussi." Il sait bien que c’est impossible.» A deux reprises, dans son livre, Allègre affirme que ces trois pays n’ont pas signé le protocole de Kyoto. C’est faux.

Claude Allègre, se dit partisan d'une écologie "moderne", favorable à l'économie et à l'emploi, tout en récusant la gravité des crises écologiques contemporaines. Mais l'écologie, parvenue à l'âge économique, est justement née de la prise de conscience de ces crises, à commencer par le changement climatique. La mystification d'Allègre vient donc s'échouer sur une contradiction dans les termes : plus le consensus scientifique sur le climat, aujourd'hui victime de parasitages coupables, mettra du temps à s'ancrer dans la sphère de la décision politique, plus celle-ci diffèrera l'envoi de signaux puissants susceptibles de modifier les comportements mais aussi les attitudes des citoyens à l'égard de l'environnement, moins, finalement, l'économie, l'écologie et le social seront compatibles.

 

L’Académie et ses limites

Le 31 mars 2010, 410 chercheurs français travaillant sur le climat écrivent une lettre à la ministre française de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, lui demandant d'exprimer publiquement sa confiance vis-à-vis de leurs travaux, et de désavouer les accusations, largement relayées par les médias, de Claude Allègre et de Vincent Courtillot envers le GIEC et les climatologues[90]. Comme d'autres avant eux[91],[92], ils accusent en particulier Claude Allègre de manipulation et de mensonges, voire de falsification. Indiquant qu'elle « ne peut trancher un tel débat sans l’avis des pairs », Valérie Pécresse a réagi en demandant l'organisation d'un débat sur le sujet au sein de l'Académie des sciences.

Demandé en avril par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, le débat entre climatologues et climato-sceptiques s'est tenu, lundi 20 septembre, à l'Académie des sciences.  L'institution du quai Conti, qui organisait la réunion, a voulu une rencontre à huis clos, à laquelle participaient une centaine d'académiciens - la grande majorité sans connaissances particulières des sciences du climat - et une vingtaine de chercheurs spécialistes de ces sujets.  Le but de ce débat étant de « permettre la confrontation sereine des points de vue et des méthodes et établir l'état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique ».

Mais, rompant avec la méthode scientifique, qui préfère l'ouverture et la transparence, l'Académie a choisi d'organiser une rencontre dans l'opacité et le secret. Que craint-elle ?

Le rapport de l'Académie des sciences, publié le 28 octobre, a été unanimement présenté comme une réfutation des thèses climato-sceptiques, très en vogue depuis environ un an. Dans ses grandes lignes, le texte endosse largement le consensus exprimé par GIEC) et les institutions internationales. Ses conclusions sont sans ambages : le climat se réchauffe, la principale cause de ce réchauffement sont les activités humaines et ce dernier est potentiellement dangereux. Certes. Mais les choses sont un peu plus complexes.

Cependant ce débat tenu à huis clos pourrait etre vu  comme un succès pour les climato-sceptiques. Dans cette bataille française - semblable à d'autres escarmouches menées ces derniers mois en direction d'autres sociétés savantes -, les tenants de Claude Allègre apparaissent bien perdants du point de vue de la science - comment en serait-il allé autrement ? Mais, politiquement, leur victoire est indéniable. En définitive, "les scientifiques ne sont pas tous d'accord". C'est la première victoire des climato-sceptiques. De plus Bien souvent "atterrés" par le niveau des débats, la vingtaine de chercheurs en sciences du climat invités fin septembre à échanger avec les académiciens n'ont en outre pas eu leur mot à dire sur la rédaction du rapport final. Celui-ci, est en effet paré d'une opacité qui correspond très peu aux canons de la démarche scientifique : contributions écrites maintenues confidentielles, débat à huis clos, version définitive du rapport adoptée en "comité secret" et en l'absence des chercheurs compétents. Et, pour finir, absence criante de toute référence scientifique pour étayer les assertions du texte. C'est, dans cette affaire, la seconde victoire des climato-sceptiques.

Le fait scientifique y est négocié, des formulations ambiguës - voire franchement alambiquées - stérilisent le propos, et la question centrale des projections climatiques pour le siècle en cours est simplement éludée.

L'Académie, dont une raison d'être est d'éclairer la société sur la science, joue donc une étrange partition. Sur une question d'une singulière gravité, où le diagnostic scientifique est à même de conditionner des politiques publiques, sa mission doit être de faire la lumière, en toute transparence, sur la croisade lancée contre les sciences du climat et, en réalité, contre la science elle-même. En acceptant l'idée même d'un débat scientifique motivé par autre chose que la science, l'Académie n'a pas contribué à démêler la confusion entre la science climatique et sa spectacularisation médiatique ou sa récupération à des fins militantes. Elle n'a pas rendu service à la science.

 

Conclusion

En définitive, nous pouvons dire que les thèses de Claude Allègre sur le changement climatique ont été réfutées et l’Académie des sciences,  a réaffirmé que l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère est la cause principale du réchauffement. Mais le débat reste entier car il touche plusieurs aspects du réchauffement climatique. Tout le monde semble maintenant s'accorder sur des initiatives à prendre pour limiter le réchauffement, mais le défi de la mise en œuvre reste entier. De fait, les changements à venir concernent l'organisation de la vie quotidienne de chacun, les façons d’habiter, de manger, de circuler, de travailler. Pour les États, outre le fait que les changements à initier sont difficiles et coûteux, ils demandent du temps et relèvent d'échéances qui dépassent de beaucoup les horizons de la vie politique, les experts estimant par exemple qu’il faut plus de cinq ans pour amorcer un changement sensible dans le système énergétique d'un pays. Dans ce contexte, les initiatives venues de la société civile peuvent avoir un fort pouvoir d'impulsion.

 

Pensée personnelle :

Pour finir, j’aimerai bien raconter une petite histoire qui n’a, vous allez me dire aucun lien avec la problématique du climat. Cependant, je trouve qu’il y a une certaine analogie :

En 2000, le président sud-africain, Thabo Mbeki, s'était convaincu de la nécessité d'un "débat" sur les causes du sida. Bien sûr, la plus grande partie des virologues n'avaient plus, aucun doute sur la responsabilité du virus d'immunodéficience humaine (VIH). Mais un petit groupe de scientifiques, dont le professeur Peter Duesberg, alors professeur de biologie moléculaire et  membre de l'Académie des sciences américaine persistait à douter sans motif scientifique. De prestigieux savants - généralement non compétents sur le sujet - regardaient d'un oeil bienveillant cette "dissidence" : Kary Mullis, Prix Nobel de chimie en 1993, ou encore le grand mathématicien franco-américain Serge Lang (1927-2005), membre de l'Académie des sciences américaine... L’Afrique du Sud organisa ce débat mais Il n’en sortit rien de significatif. Mais le doute ainsi entretenu suffit à retarder le recours aux antirétroviraux. Le coût humain de ces hésitations est aujourd'hui évalué à environ 330 000 morts.

C’est pour cela que, je pense, moi en tant que simple étudiant, que Si nous agissons comme si la science avait raison et que, in fine, les risques s'avèrent moins importants, ce sera de toute façon une bonne chose : nous aurons découvert de nombreuses technologies utiles, nous aurons un monde plus propre et nous aurons sécurisé nos approvisionnements énergétiques.

En revanche, si nous agissons comme si la science se trompait, nous nous serons mis dans une position dangereuse dont nous serons peut-être incapables de sortir. Les sceptiques ont le droit de s'exprimer et de débattre mais pas celui d'avoir des arguments mal fondés et confus.  N’oublions pas que la prise de conscience de la possible action délétère de l'homme sur son environnement, a  pu générer, au moins dans certaines parties du monde, un ensemble de pratiques plus responsables et respectueuses de l'environnement.